Didactique de l’oral
Distinction entre oral médium et oral objet; éléments prosodiques, éléments non verbaux, enseignement-apprentissage des genres oraux formels; niveaux de langue.
Enseignement-apprentissage des genres oraux formels
À l’école primaire et secondaire, divers genres oraux formels font partie du programme d’étude.
Pour le primaire, il est question de la discussion en grand groupe ou en sous-groupe. Il n’y a cependant pas de genres oraux formels prescrits.
Pour le secondaire, il est question d’animer ou de préparer une discussion permettant, par exemple, de « favoriser la confrontation des appréciations » (MELS, 2006, p. 98). Le débat est un autre genre oral formel à enseigner, particulièrement au 2e cycle.
Nous vous présenterons de façon succincte trois genres oraux formels : le débat, la discussion et l’exposé oral.
Débat
Un débat est une pratique d’oral public où les participants tentent de convaincre un auditoire actif.
Dans un débat, l’élève peut à la fois être le locuteur (la personne qui parle), l’interlocuteur (la personne qui écoute le locuteur et interagit oralement en argumentant, par exemple) et l’auditeur (la personne qui écoute sans interagir oralement).
En effet, l’écoute et la prise de parole sont travaillées lors du débat, car les participants doivent réfuter l’argumentation de leurs adversaires. (Lafontaine, 2004b, p. 68).
Le débat permet de s’informer, de défendre une idée, d’informer.
Pour développer leur argumentaire, les élèves doivent lire sur le sujet, écrire leurs idées, interagir avec leurs pairs, déterminer les rôles de chacun : un débat favorise l’interaction entre les trois compétences en français (lire, écrire et communiquer oralement).
Il existe divers types de débats :
- débat parlementaire
- Fonction : parler de sujets courants (ou de thèmes traités dans les œuvres lues en classe).
- Rôles possibles : président, huissier (chronométreur), participants des deux partis et auditoire.
- débat contrinterrogatoire
- Similaire au fonctionnement d’une cour de justice.
- Débat présentant une question de valeur et lié à des thèmes sociaux : êtes-vous pour ou contre la légalisation de la marijuana?
- débat académique
- Plus structuré et moins spontané.
- Pour orateurs débutants et enseignants moins expérimentés.
- Se déroule sans contrinterrogatoires et sans interruptions d’adversaires.
- débat formel
- Devrait plutôt s’appeler débat informel, car il s’agit d’argumenter sur des thèmes drôles et farfelus comme : La cape du Petit Chaperon rouge aurait-elle dû être blanche ou verte?
- Structure du débat :
- reformulation de l’argumentation de l’adversaire,
- réfutation,
- nouvelle idée.
- Plaidoyer
- Débat de style juridique où deux élèves s’affrontent pour défendre un thème.
- Rôles possibles : avocat de la Couronne (un élève), avocat de la défense (un élève), juge (enseignant), jury (auditoire).
- Auditoire joue un rôle actif (décideurs).
- Aspect théâtral motivant pour les élèves.
Pour vous donner une idée de l’intégration du débat parlementaire en salle de classe, nous vous invitons à lire les pages 48-56 de l’ouvrage didactique de Lafontaine (2007).
Discussion
La discussion est une pratique d’oral planifiée qui se fait en sous-groupes ou en grand groupe.
Différents rôles peuvent être joués par les élèves :
- animateur,
- médiateur,
- participant,
- auditoire.
La discussion est la construction d’un dialogue entre un locuteur et un interlocuteur sur un sujet déterminé. Ceux-ci vivent de nombreuses interactions et construisent ensemble le discours et sa cohérence (Lafontaine, 2004a; Dispaux, 1984).
Pour vous donner une idée de l’intégration d’une séquence d’enseignement-apprentissage sur la discussion, nous vous invitons à lire les pages 58-69 de l’ouvrage didactique de Lafontaine (2007).
Exposé oral
L’exposé oral est une pratique d’oral planifiée de façon individuelle qui n’a pas nécessairement bonne presse. L’exposé oral reste souvent une source de stress pour les élèves :
Un des grands problèmes de l’exposé oral reste son manque d’interaction entre le locuteur et l’auditoire et entre les locuteurs eux-mêmes lorsque la prise de parole se fait en équipe. […] [En effet, il est important de favoriser] les échanges entre les participants comme dans une réelle situation de communication et que l’auditoire soit également partie prenante de cette interaction. Trop souvent, on place les élèves en équipe pour faire un exposé explicatif et, malgré la présence d’un animateur, chaque locuteur ne fait que présenter son aspect et prépare sa prise de parole de façon individuelle (Lafontaine, 2007, p. 37).
De là l’importance pour l’enseignant de mettre en place des manières de favoriser l’interaction entre les élèves.
Prenez l’exemple du caucus littéraire (article lu dans le cadre du module 2). Le caucus littéraire se fait en sous-groupes de trois à cinq élèves. Par exemple, s’il y a 25 élèves, vous pouvez faire cinq sous-groupes. Chacun des sous-groupes a une vedette du jour (ou un animateur). Cette vedette du jour doit se préparer plusieurs jours à l’avance pour présenter une ou deux œuvres à ses pairs (l’auditoire), en caucus littéraire. Lors de la présentation en caucus littéraire, les autres élèves (les auditeurs) peuvent devenir interlocuteurs en posant une question pendant la présentation et à la fin. Les auditeurs sont également des évaluateurs de la prestation orale (évaluation formative des notions enseignées en oral). Les élèves peuvent se disperser dans l’école pour réaliser l’activité. À la suite du caucus littéraire, une discussion en grand groupe est tout à fait pertinente pour parler des découvertes littéraires du jour.
Dans ce cas, cinq élèves préparent un exposé oral à réaliser devant quatre autres élèves. Le stress est moins grand et une évaluation formative des auditeurs aide la « vedette du jour » à s’améliorer. Au bout du compte, tout le monde est actif et a son rôle à jouer. La semaine suivante, cinq autres élèves deviennent des vedettes du jour. Et ainsi de suite.
