Didactique de l’oral
Distinction entre oral médium et oral objet; éléments prosodiques, éléments non verbaux, enseignement-apprentissage des genres oraux formels; niveaux de langue.
Norme linguistique, niveaux de langue et variation linguistique
Qu’est-ce qu’une norme linguistique?
Selon Legendre (2006), une norme linguistique se définit comme un ensemble de recommandations déterminées par une partie de la société et précisant ce qui doit être reconnu parmi les usages d’une langue afin d’obtenir un certain idéal esthétique ou socioculturel. La norme se définit comme un ensemble de principes, de codes, de règles, de procédures servant de référence (standards, règles, principes et assises). Il s’agit en fait des attentes linguistiques (Préfontaine et coll., 1998).
Les niveaux de langue
Les niveaux de langue répondent quant à eux à différentes typologies; Préfontaine et coll. (1998) en font une courte liste. En somme, il s’avère que, pour la plupart des typologies existantes, il existe deux extrêmes en opposition et le langage courant se retrouve à mi-chemin entre les deux. En somme, les élèves expérimentent différents niveaux de langue selon les situations de communication. Au Québec, nous utilisons généralement une catégorisation à trois niveaux (Ostiguy et Tousignant, 1993). De notre côté, nous ajoutons également un quatrième niveau, soit le niveau populaire :
- niveau soutenu, soigné ou littéraire,
- niveau standard ou correct,
- niveau familier,
- niveau populaire (ou vulgaire).
Il s’agit en fait de la hiérarchie et des catégorisations linguistiques (Préfontaine et coll., 1998).
Niveau soutenu, soigné ou littéraire
C’est un niveau de langage plus recherché qui est associé à la littérature et à la rhétorique (art de bien parler). L’utilisation du niveau soutenu demande l’utilisation de phrases longues, d’une syntaxe complexe et d’un vocabulaire rare (avec une faible fréquence d’utilisation).
Le site Allo Prof définit le niveau soutenu comme suit :
La langue soutenue ou littéraire est un raffinement de la langue standard. On la reconnait dans l’utilisation d’un vocabulaire plus riche, de structures de phrases plus complexes, de figures de style plus élaborées et dans l’utilisation de modes et de temps de verbes qui sont normalement peu employés. Le langage soutenu est peu utilisé à l’oral, mais fortement employé dans les romans.
Par exemple, un orateur peut parler du bleu du firmament au lieu de parler tout simplement du « ciel ».
Un orateur peut également utiliser des figures de style recherchées comme la métaphore pour exprimer son propos.
Niveau standard ou correct
La langue standard est celle qui est considérée comme correcte en toute circonstance (ni trop recherchée ni trop relâchée). Dans ce cas, la syntaxe utilisée ainsi que le lexique sont appropriés. Il s’agit en fait du style attendu lors des échanges professionnels ou officiels.
Le niveau standard est utilisé par les professeurs, les journalistes, les politiciens et les présentateurs de télévision, par exemple.
Les formes et le vocabulaire du niveau standard à l’oral sont généralement admis à l’écrit, et ce niveau sert de repère pour évaluer le niveau soutenu et familier.
La langue standard : « Elle porte aussi le nom de français international en raison de son potentiel d’être comprise par tous les francophones. » (Tiré du site Allo Prof.)
Niveau familier
La langue familière est celle qu’on utilise entre amis, entre des gens d’une même communauté sociale (famille, amis, collègues, etc.) ou dans des situations informelles. Ce niveau familier convient aux échanges détendus et amicaux. Lors de l’emploi de ce niveau, la syntaxe est simplifiée et approximative. Il y a alors utilisation d’anglicismes, d’expressions familières et d’une syntaxe différente de la norme écrite.
L’utilisation de ce niveau « présuppose une absence de hiérarchie entre les interlocuteurs qui se connaissent bien mutuellement. » (tiré de Allo Prof)
Par exemple :
Y fait frette… chu pu capabe d’l’hiver!
M’a aller parker l’char dans cour, ok?
Niveau populaire (ou vulgaire)
La langue populaire (ou vulgaire) est souvent choquante et très peu soignée. Elle est d’ailleurs condamnée par la bienséance (c’est-à-dire la bonne façon de faire en société).Exemple : les « gros mots » à caractère sexuel, les sacres et le verlan (le fait de parler à l’envers) entrent dans cette catégorie.
Ce niveau est souvent utilisé par les adolescents ou les gens provenant de milieux moins favorisés.
D’où l’importance de montrer aux élèves qu’il faut connaitre divers niveaux de langue pour avoir plus de chance de réussir dans leur vie professionnelle et être perçu comme quelqu’un de crédible.
Ce qu’en dit le programme de formation…
Au primaire, le terme utilisé est « registre de langue ». Il est mentionné que les élèves doivent apprendre à utiliser le registre de langue approprié (familier ou standard) selon la situation de communication, et ce, dès le 1er cycle du primaire (MEQ, 2001).
Au secondaire, il est mentionné que l’élève doit acquérir une langue standard (qu’ils appellent également langue soignée) dans le but de pouvoir interagir et de pouvoir « communiquer efficacement dans un grand nombre de situations scolaires et sociales (MELS, 2006, p. 119). Il est également question de la langue standard (soignée) et de la langue familière. Le niveau soutenu (ou recherché) est à l’étude au 2e cycle du secondaire (MELS, 2009).
En résumé, chaque niveau de langue à l’oral a sa propre norme. Choisir un niveau de langue demande donc au locuteur de faire des choix lexicaux, des choix syntaxiques, ainsi que des choix relatifs à la prononciation (mais également à l’accent utilisé).
Le but est de montrer aux élèves l’importance d’adapter sa manière de parler selon les circonstances, selon les situations de communication.
Le succès de chacun pour apprendre à connaitre et à maitriser les divers niveaux de langue dépend de l’âge, de l’expérience, de l’instruction et de la diversité des milieux dans lesquels on évolue, pour ne nommer que ceux-là.
Cette partie sur la norme, les niveaux de langue et la variation linguistique est tirée de Caron (2012, p. 48-55) et a été adaptée pour les besoins de ce cours.
