L’enseignement de la nouvelle orthographe

La nouvelle orthographe et les différents ministères de l’Éducation de la francophonie

La France

Pour la rentrée 2016-2017, le ministère de l’Éducation nationale a rédigé ses nouveaux programmes scolaires en appliquant la nouvelle orthographe. Les éditeurs de manuels scolaires ont également emboité le pas en appliquant l’orthographe rectifiée recommandée. Les années précédentes, le ministère de l’Éducation nationale avait précisé, dans son Bulletin officiel, que « l’orthographe révisée est la référence » (Hors-série no 3, 19 juin 2008).

La Belgique

En 1998, grâce au ministère de l’Éducation belge, tous les enseignants ont eu en leur possession un vadémécum de l’orthographe recommandée (document contenant toutes les règles et tous les mots touchés par la nouvelle orthographe).

À la rentrée de 2008, le gouvernement belge a précisé par circulaires ministérielles que « les professeurs de français de tous niveaux sont invités à enseigner prioritairement les graphies rénovées ».

Fait à noter : le programme belge en français au secondaire est écrit en orthographe rectifiée depuis plusieurs années.

La Suisse

Dès 1996, une lettre officielle a été envoyée aux enseignants de la part de la Conférence intercantonale de l’instruction publique stipulant que : « [é]tant donné que graphies anciennes et nouvelles coexistent déjà dans beaucoup de dictionnaires ou de grammaires de référence, aucun élève ne doit être sanctionné pour avoir utilisé l’une ou l’autre variante ».

L’Alberta

Depuis 2009, la Direction de l’éducation française du ministère de l’Éducation de l’Alberta rédige tous ses documents, ses courriels et ses programmes d’études en nouvelle orthographe (en utilisant le logo de conformité).

Le corps enseignant a été prévenu et de la documentation a été distribuée dans les écoles de la province, incluant 700 guides pratiques Connaitre et maitriser la nouvelle orthographe et 700 exemplaires du Vadémécum de l’orthographe recommandée.

Le site Web du ministère de l’Éducation de l’Alberta est écrit en nouvelle orthographe et mentionne l’application de la nouvelle orthographe.

La Saskatchewan

En 2009, la Direction de l’éducation française du ministère de l’Éducation de la Saskatchewan a adopté les rectifications de l’orthographe. Le ministère a alors envoyé une lettre au personnel enseignant intitulée « La nouvelle orthographe, parlons-en! ».

En voici un extrait :

Les modifications recommandées ont été adoptées par la Direction de l’éducation française (DEF) et seront reflétées dorénavant dans nos programmes d’études et les évaluations provinciales. [Un] symbole sur nos documents indique que les nouvelles règles y ont été appliquées. La DEF tient à signaler que dans l’enseignement comme dans la correction, les deux graphies, l’ancienne et la nouvelle, sont correctes […] vous trouverez un miniguide des nouvelles règles de l’orthographe. Veuillez partager ces informations avec vos enseignants et enseignantes de français en immersion, en français de base et en français intensif et français approfondi.

La Nouvelle-Écosse

L’enseignement de l’orthographe rectifiée est obligatoire depuis la rentrée scolaire de 2011.

Le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard

Dans les provinces maritimes comme le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard, la nouvelle orthographe est reconnue dans les examens ministériels.

Qu’en est-il du Québec?

En octobre 2009, le ministère de l’Éducation du Québec a annoncé : « à la suite d’une décision des autorités ministérielles, les élèves qui utilisent les graphies traditionnelles ou les nouvelles graphies ne seront pas pénalisés dans le contexte des corrections effectuées par le Ministère ».

En effet, depuis juin 2010, la nouvelle orthographe est acceptée dans tous les examens ministériels au Québec. L’examen en français écrit de 4e année (9-10 ans) et de 6e année (11-12 ans) du primaire tient compte de la nouvelle orthographe. C’est le cas également de l’examen en français écrit en 2e secondaire (13-14 ans) et en 5e secondaire (16-17 ans). Enfin, la nouvelle orthographe est acceptée dans l’épreuve uniforme de français au cégep (niveau postsecondaire se situant entre le niveau secondaire et le niveau universitaire). Les étudiants sont âgés de 17 ans et plus.

Pourtant, les enseignants pénalisent encore les élèves pour des erreurs qui n’en sont plus, simplement parce qu’ils ne connaissent pas la nouvelle orthographe et parce qu’ils n’ont pas encore reçu de consignes claires à ce sujet de la part du Ministère.

À votre avis, est-ce que les enseignants devraient attendre les consignes du ministère de l’Éducation avant d’enseigner la nouvelle orthographe ou enseigner en nouvelle orthographe?

Il est normal que les enseignants se sentent démunis et qu’ils ne sachent pas s’ils doivent enseigner ou non la nouvelle orthographe… Par contre, en tant que professionnels en éducation, notre rôle est de nous mettre à jour. C’est ce qu’on appelle le développement professionnel ou la formation continue.

Si nous découvrons, par exemple, une nouvelle planète dans le système solaire, est-ce que le professeur d’astronomie va attendre que la planète soit intégrée dans les ouvrages de référence ou que le ministère de l’Éducation approuve cette information avant de l’enseigner? Bien sûr que non!

C’est la même chose avec la langue. Le Ministère n’a aucun poids décisionnel quant à ce qui sera intégré dans les dictionnaires. Si le Multidictionnaire, le Dictionnaire Hachette et Le Dictionnaire Larousse ont intégré les graphies modernes, pourquoi en débattre? Il n’y a rien à débattre. La nouvelle orthographe est là pour rester et la graphie d’autres mots changera dans le futur.

  • Est-ce que les enseignants peuvent continuer à enseigner les graphies traditionnelles?
    • Bien sûr que oui! Il est cependant fortement encouragé de mentionner également les graphies rectifiées aux élèves.
  • Est-ce que les enseignants peuvent pénaliser les élèves qui écrivent avec les graphies modernes?
    • Bien sûr que non! Ce ne sont pas des erreurs!

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Pour en savoir plus

Le ministère de l’Éducation du Québec a cependant fait un grand pas. En effet, il a publié ces dernières années une liste orthographique au primaire qui inclut les graphies traditionnelles et rectifiées.

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