Acte d’écrire

Écrire est une activité pluridimensionnelle

Selon Simard, Dufays, Dolz et Garcia-Debanc (2010), la production écrite est une activité humaine qui se développe à tous les niveaux de scolarité.

Cette activité possède globalement trois dimensions :

  1. une dimension socioculturelle;
  2. une dimension psychologique;
  3. une dimension langagière.

Dimension socioculturelle de l’écriture

L’écriture possède une dimension socioculturelle, en ce sens qu’elle se situe dans une société et une culture données. Elle donne lieu à des textes qui prennent diverses formes selon la société et la culture. Selon Simard et coll. (2010), « les pratiques d’écriture et le statut de l’écrit varient en fonction de leurs sphères d’usage, dans la vie quotidienne et dans la vie publique » (Simard et coll., 2010, p. 262).

C’est dire que l’écriture peut grandement différer :

  • d’un pays à l’autre (la France versus le Québec);
  • d’un domaine professionnel à l’autre (un texte en gestion versus un texte littéraire);
  • d’un groupe à l’autre (l’écriture par des enfants versus l’écriture par des adultes);
  • d’une situation à l’autre (l’écriture pour le plaisir, à la maison, versus l’écriture pour un test à l’école).

« Bien écrire » implique alors d’être capable d’adapter son texte à ces contextes socioculturels, tandis que l’apprentissage de l’écriture suppose la maitrise graduelle de tous ces paramètres.

Dimension psychologique de l’écriture

L’écriture possède une dimension psychologique puisque « celui qui écrit mobilise sa pensée, son affectivité, son corps dans le geste graphique et ses représentations sur les contenus thématiques » (Simard et coll., 2010, p. 262). En d’autres mots, écrire implique des gestes physiques (de la main par exemple), mais aussi un investissement de la personne sur le plan des connaissances, des motivations et de l’attitude.

D’un point de vue cognitif, l’écriture suppose de multiples capacités, comme celle de comprendre, de sélectionner et de hiérarchiser les informations. La mémoire joue aussi un rôle dans l’écriture, alors qu’elle permet le traitement de l’information, l’intégration de nouvelles connaissances et d’opérations comme celle de la généralisation (Simard et coll., 2010, p. 262). Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le corps est en action dans l’écriture. Cette activité demande la maitrise du système sensorimoteur dans la mesure où le scripteur doit s’approprier des gestes graphiques et arriver à une coordination entre l’œil et la main.

Dimension langagière de l’écriture

Cette dernière dimension concerne la langue, c’est-à-dire comment la langue, avec ses diverses composantes, intervient dans l’acte d’écrire. D’abord, l’écriture se situe, comme le langage en général d’ailleurs, dans une situation de communication. La personne qui écrit se place dans un contexte particulier et produit un texte qui sera reçu par un lecteur (un destinataire). Or, cette situation de communication écrite est beaucoup plus complexe qu’elle ne le parait de prime abord.

Le texte lui-même est une architecture linguistiquement complexe. Celui-ci doit être cohérent globalement selon divers mécanismes de connexion pour relier les idées, selon des mécanismes de segmentation pour établir des parties du texte, et des mécanismes de cohésion pour construire une unité et une logique du texte (Simard et coll., 2010, p. 263). De plus, le texte en tant que discours peut prendre diverses formes qu’on nomme les genres textuels (comme l’écrit publicitaire, le texte d’opinion, le roman). Le scripteur peut choisir à travers une diversité de genres textuels, puis dans une série de normes et de stratégies textuelles possibles pour le genre sélectionné, le but étant d’écrire un texte qui correspond aux attentes du lectorat et aux objectifs de communication.

Enfin, écrire inclut les dimensions langagières du français que sont la syntaxe (la construction adéquate des phrases), la morphologie (les règles d’accord), le lexique (le vocabulaire) et l’orthographe (écrire adéquatement les mots selon la norme). D’après Simard et coll. (2010), ce sont des dimensions « transversales » de l’écriture parce que le scripteur doit en tenir compte, peu importe le texte qu’il doit écrire et le contexte de communication.

Figure 1 : Les dimensions de l’écriture.

Source : Selon Simard, Dufays, Dolz et Garcia-Debanc (2010).

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