Acte d’écrire
Écrire implique une compétence scripturale
À la suite des nombreux travaux de recherche effectués dans les années 1970 et 1980, l’acte d’écrire se complexifie. On considère que cet acte demande certaines habiletés, qu’il peut se réaliser en plusieurs étapes et s’échelonner dans le temps. Comme l’explique Reuter (1989), l’écriture « se définit plus nettement comme “procès d’écriture” et de réécriture, objet nécessitant du temps et des dispositifs précis en rupture avec l’idéologie du premier jet ou de l’inspiration » (p. 73).
Les recherches en psychologie et en communication ont aussi mis en évidence d’autres aspects de l’acte d’écrire. Ainsi, il apparait important de considérer les caractéristiques individuelles de la personne qui écrit, de la situer dans son contexte social. Chaque personne rédige différemment selon les milieux où elle se situe (régions, religions, communautés) et ses productions peuvent prendre diverses formes en fonction de son statut, de son âge ou de son sexe (Reuter, 1989, p. 83). Dans cette perspective, l’écriture n’est pas seulement une suite d’étapes ou d’opérations (ce que fait le scripteur), mais elle est une activité à placer dans une situation de communication précise. La personne qui écrit doit le faire en tenant compte de la situation et adapter son texte en conséquence. C’est dans cette optique que Reuter en arrive à parler d’une compétence scripturale. Citant Dabène (1987, p. 40), la compétence scripturale s’avère un « ensemble de composantes […] qui rendent possibles la production et la réception de l’écrit d’une manière adaptée et située » (Reuter, 1989, p. 85).
