Acte d’écrire

Écrire : un acte considéré auparavant comme un don

Comme le font remarquer des didacticiens du français, par exemple Yves Reuter (1989) en langue première ou Mohamed Miled (1998) en langue seconde, la compétence en écriture est considérée avant 1960 comme un don. Dans les cours de français, l’enseignant et les élèves scrutaient les textes littéraires classiques et tentaient d’imiter ces écrivains qui possédaient le « talent inné ». L’écriture était alors une « activité mystérieuse devant laquelle on s’incline, pratiquée par des Auteurs avec un grand A, pourvus d’un don étrange venu d’ailleurs. La révérence devant des textes “achevés et valorisés” occulte le travail d’écriture et les problèmes rencontrés » (Reuter, 1989, p. 70).

Reuter (1989) traite aussi de l’acte d’écrire en termes de « rédaction ». Ici, l’écriture est peu décortiquée et analysée. La rédaction s’avère plutôt « une synthèse, un aboutissement des apprentissages », alors qu’ont été travaillés en classe de français plusieurs « sous-systèmes », c’est-à-dire la grammaire, le lexique, l’orthographe, les conjugaisons, par exemple (Reuter, 1989, p. 69). Cette conception implique que l’écriture n’est pas scrutée dans ces différentes étapes avec les élèves (planification, rédaction, révision). L’enseignant aborde les autres aspects (grammaire, lexique, orthographe, conjugaisons) de façon souvent décontextualisée et le texte constitue le point d’arrivée.

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