Didactique de la lecture I
Acte de lire et modèles de compréhension en lecture
Modèles de compréhension en lecture
Le but de ces trois types de modèles de compréhension en lecture est de décrire la façon de traiter l’information lors de la lecture :
- Les modèles ascendants (bottom-up) activent d’abord les processus de bas niveau (lettres, syllabes, mots).
- Les modèles descendants (top-down) partent des connaissances du lecteur pour déduire les informations lues (du haut vers le bas).
- Les modèles interactifs intègrent la théorie des modèles ascendants et des modèles descendants de façon interactive.
Modèles ascendants (bottom-up)
Le modèle ascendant, dirigé par les données (Deschênes, 1988; Gough, 1972), est le plus ancien modèle expliquant la façon dont les lecteurs comprennent un texte. Dans ce modèle, le traitement de l’information lue s’effectue de bas en haut, de façon unidirectionnelle (Fayol, 1992; Fodor, 1983; Forster, 1979; Mitchell, 1982; Stanovich, 2000). Le processus de lecture se fait donc lettre par lettre, ensuite mot par mot; ce modèle ne présente alors aucunement la possibilité d’interaction entre les différentes étapes du processus. Le modèle le plus connu est celui de Gough (1972) qui est un modèle sériel déterminant seulement les processus de décodage de mots (processus de bas niveau); ce modèle ne traite donc pas des processus favorisant la compréhension.
Le modèle de Laberge et Samuels (1974), quant à lui, est similaire à celui de Gough (1972) puisqu’il est sériel et qu’il met seulement l’accent sur le décodage de mots. À l’instar de Deschênes (1988), nous croyons que ce modèle est trop linéaire pour représenter réellement les processus de lecture.
Modèles descendants (top-down)
Dans le modèle descendant, qui est dirigé par les concepts (Deschênes, 1988), le traitement de l’information lue est dirigé par les connaissances du lecteur (nous allons donc du haut vers le bas). Le modèle mentionné constamment dans les écrits est celui de Goodman (1970). Le lecteur utilisera donc des processus de haut niveau permettant de balayer la page et de lire le message à partir d’indices visuels perçus et anticipés. Par la suite, le lecteur comparera ce qu’il vient de lire relativement à ses prédictions : « l’information extraite [construite] avec les prédictions du lecteur » (Fayol, 1992, p. 19). Chaque fois que la prédiction échoue, le lecteur fait une nouvelle recherche d’information (donc une nouvelle hypothèse).
Le modèle de Goodman (1970) veut montrer que le lecteur recherche la signification du texte en confirmant et en infirmant des hypothèses (Stanovich, 2000), mais également en tenant compte du contexte de lecture. Selon ce modèle, le lecteur ne passerait pas du tout par le décodage de mots.
Selon Fayol (1992), aucun modèle de lecture ne peut être qualifié de strictement descendant. Dans ce cas, les modèles de compréhension en lecture interactifs sont à privilégier.
Modèle interactif
Nous présenterons ici le modèle interactif de compréhension, tel que pensé par Rumelhart (1977).
Rumelhart (1977) a été le premier à développer un modèle interactif expliquant le processus de lecture en trois étapes :
- La première étape favorise l’extraction des « traits distinctifs des lettres à partir de l’information stockée en mémoire visuelle » (Fayol, 1992, p. 25) comme c’est le cas dans le modèle ascendant de Gough (1972). La boite VIS (visual information store) du modèle de lecture de Rumelhart (1977), que l’on peut traduire par « emmagasinement d’informations visuelles », représente la mémoire visuelle.
- La deuxième étape, intitulée « synthétiseur de formes », permet l’élaboration d’hypothèses à l’aide des connaissances orthographiques, lexicales, syntaxiques et sémantiques du lecteur et de l’information écrite (Rumelhart, 1977). Cette deuxième étape rappelle le modèle descendant de Goodman (1970).
- La troisième étape, appelée le « centre des messages », permet de gérer les différentes hypothèses. Il existerait alors une interconnexion entre les différents processus de bas et de haut niveau, ainsi qu’une confrontation des hypothèses.
Le modèle interactif représente donc une réconciliation entre les modèles ascendants et descendants. Pour que ce modèle soit réellement interactif, toutes les flèches reliées aux différentes boites devraient être à deux têtes afin qu’il y ait une réelle possibilité d’aller-retour constant en cas d’erreurs ou de fausses hypothèses.
Pour un traitement actif de l’information contenue dans ce module, nous vous suggérons de répondre aux questions suivantes.
N’hésitez pas à revoir le texte précédent pour vérifier ou compléter vos réponses.
- Expliquez, en vos propres mots, les cinq processus de compréhension en lecture.
- L’acte de lire est une situation de communication dans laquelle interagissent trois variables. Lesquelles? Expliquez-les en quelques mots.
Nous vous invitons à partager vos réflexions, quant aux stratégies déployées, sur l’espace « Lecture » de l’outil « Partage ». N’hésitez pas à prendre connaissance des stratégies suggérées par les autres étudiantes et étudiants, et à les commenter.
